vendredi 6 juillet 2018

Ragougnasse parfumée

Dilemme (pas vraiment cruel) : en cette période de chaleur, cuisiner longuement sur une petite flamme gentillette ou bien quelques secondes sur un feu d’enfer ?
Pour ma part j’ai choisi de ne pas me faire mijoter à petit feu mais de suer à grosses gouttes quelques brèves minutes.
J’avais dans mon bac à légumes deux choux chinois pe-tsaï prélevés l’avant-veille dans le jardin que j’avais en première intention prévu de franciser en les traitant façon embeurrée pour accompagner saucisse de Toulouse ou crépinette de porc. Mais, redoutant la durée nécessaire obtenir un légume bien compoté, j’ai changé mon fusil d’épaule et troqué ma casserole pour un wok.
Je ne me casse pas la tête. Ce ne sera pas un plat raffiné. Mais j’espère que ce ne l’empêchera pas pour autant d’être bon.
Je commence par lacérer les feuilles bien lavées de pe-tsaï. Puis je découpe un gros oignon rouge en étroits pétales. Je partage en huit une tomate de taille moyenne. Enfin je tranche en tronçons d’environ 4 cm les saucisses thaïes parfumées à la citronnelle achetées pour l’occasion au traiteur asiatique des halles locales.
Je pose le support adéquat en fonte à la place du tampon central de la plaque coup de feu et y pose mon wok. Je verse une bonne cuillerée d’huile d’arachide. J’allume la flamme au maximum.
Les 5 000 W agissent avec vigueur. Il est temps que je déverse l’oignon. D’ailleurs le détecteur de fumée me rappelle à l’ordre sans ménagement ! J’ose espérer que mes voisins ne vont pas évacuer l’immeuble…
Au bout de quelques secondes, l’oignon commence à caraméliser. Je l’écarte sur les côtés du wok, la saucisse prend sa place. Rapidement elle dore et commence à griller par endroits. Avant qu’elle ne soit cramée, je recouvre avec le chou et brasse à l’aide de la spatule en bois. La tomate vient s’ajouter au plat une minute plus tard. Je verse un bon trait de mirin et continue à feu vif. Quelques secondes plus tard, le liquide au fond du wok est réduit. J’éteins la flamme. Dans un élan de fantaisie, je décide de remplacer la sauce soja par mon excellente sauce Sakari du pays basque.

pe-tsaï, wok
Ragougnasse tendance sinobasquaise


Le wok ira sur la table où l’attend un cercle en inox qui l’empêchera de basculer. J’apprécie la relative fraîcheur de la salle à manger aux volets clos. J’ai bien transpiré en cuisinant. Mais ce supplice fut bref…
Et surtout cette ragougnasse se révèle finalement goûteuse et pleine de parfums. Alors, basques farouches et sinophiles intégristes, remballez votre opprobre !

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