samedi 5 mai 2018

Ils sentaient bon l'échiré chaud...

Devant la pyramide de patates dont ils avaient la corvée d’épluchage, Laurel et Hardy regrettaient amèrement de s’être engagés dans la Légion.



Ils attaquèrent sans conviction la peau des tubercules, puis se lancèrent dans le concours de la plus belle spirale.
« Regarde, Laurel, elle fait au moins trois pieds de long ! »
Laurel pleurnicha, il n’arrivait pas à faire aussi bien… Hardy s’empara d’une poignée d’épluchure et la déversa sur la tête de son complice.
« Avec cette perruque tu as la tête d’un marquis français ! »
Hardy ne voyait pas que derrière lui l’adjudant-cuistot Schulz, campé sur ses jambes écartées, le toisait avec un regard ironique assaisonné d’un soupçon de perversité.
« Alors, mon kaillard, fous groyez afoir zigné bour vaire l’antouille ! Che feux foir ces badates brêtes à gouire bour miti. Et fous, l’audre antouille gui riganez pêtement, allez bludôt allumer la gouisinière.
-OK, mon adjudant
-Adjutant-chev, si ça ne fous égorche bas la queule… Et gue ça saute !!! »
L’adjudant Schulz, pardon, l’adjudant-chef, ne croyait pas si bien dire.
Deux secondes plus tard, Laurel tourna la molette de son Zippo et la cuisine du Quartier Viénot à Sidi-Bel-Abbès vola en éclats.

Laurel et Hardy s’égarèrent dans les couloirs du temps. Ils devaient réapparaître comme deux militaires du 2e Régiment de Dragons à Saumur. Si ce fut bien en cette charmante cité qu’ils se réincarnèrent, c’est en revanche dans le laboratoire de l’excellente maison Girardeau et non dans une caserne. Pire, ils avaient fait l’andouille : ils devinrent andouillettes.
Quand le préposé à l’embossage les vit, il s’inquiéta, étonné qu’un tel produit eut pu sortir de ses mains. Il s’empressa de mettre ces monstres sous vide et de les envoyer loin de Saumur avant que son patron n’ait le temps de les apercevoir. Son emploi était en jeu !
C’est ainsi que Laurel et Hardy se trouvèrent allongés sur une de mes poêles, au milieu de patates dont je n’ai pas eu à cœur de leur confier la corvée de pluches - pas plus qu’à moi d’ailleurs, les rattes sont restées dans leur peau…

andouillettes, Girardeau
C'est lui Laurel, c'est lui Hardy



Après dégustation, Girardeau ayant déjà obtenu le diplôme de l’A.A.A.A.A. (Association Amicale des Amateurs d’Andouillette Authentique), je propose d'ajouter à cette distinction son intronisation par l’E.S.C.A.P.A.D. (Élite Sociale des Connaisseurs Amateurs de Petite Andouillette Difforme) dont je me nomme Président à vie.
Car ces andouillettes étaient bien bonnes !

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